Partout, les temps sont durs, même dans l’industrie du miel.
Les apiculteurs à travers l’Ontario, voire même partout au pays, sont inquiets du nombre sans précédent de morts de colonies entières d’abeilles depuis les dernières années. Les producteurs de miel se demandent s’ils continueront à vivre de cette industrie.
Il y a environ cinq ans, les apiculteurs de l’ouest canadien ont commencé à rapporter des pertes hivernales jamais vues dans leurs ruches. Aux États-Unis, les ruchers ont été frappés encore plus durement. Certains ont signalé avoir perdu 90 pour cent de leurs abeilles. Le Canada émerge de cette crise tout de même un peu mieux car nos producteurs en perdent approximativement 30 pour cent à chaque année.
On qualifie la situation de trouble de réduction des colonies, en raison de son déclin relié aux mites, aux parasites et aux facteurs environnementaux.
Marc Levac, un producteur de miel du comté de Glengarry, a été épargné cette saison. Le propriétaire de ruchers n’a perdu que 11 pour cent d’abeilles cet hiver. C’est son meilleur record depuis qu’il s’est joint à l’industrie du miel, il y a 6 ans.
Toutefois, sa chance est due à beaucoup de prudence.
Lors d’une entrevue, ce dernier mentionnait qu’il tente de demeurer prudemment optimiste puisqu’il a connu des pertes de 40 à 70 pour cent dans le passé. Monsieur Levac a déclaré que le fait que les producteurs de miel ne savent pas exactement ce qui cause la mort des abeilles rend la situation d’autant plus difficile pour remédier à ce problème.
« J’aimerais que ce soit aussi simple qu’une sorte de faiblesse au niveau génétique », déclarait-il. De cette façon, on pourrait faire quelque chose pour enrayer ce problème spécifique. « Ce serait rêver en couleur », a ajouté Monsieur Levac. Certains apiculteurs, qui se sont présentés au comité sur l’agriculture à la Chambre des Communes cette année, ont mentionné que le problème repose sur l’agriculture et plus spécifiquement sur les pesticides.
Les apiculteurs sont inquiets des pesticides car ils sont largement utilisés sur les cultures de maïs, donc reliés directement aux empoisonnements. Tandis que la preuve ne soit pas encore concluante, la France, l’Italie, l’Allemagne et la Slovénie ont tous interdit l’usage de ces pesticides dans une tentative de protéger les insectes pollinisateurs.
Selon Monsieur Levac, malgré le problème, le fait est que plusieurs apiculteurs sont inquiets pour l’avenir car chacun a été durement touché.
Monsieur Levac ajoute : « Je ne connais aucun apiculteur qui n’a pas connu au moins une très mauvaise année au cours des cinq dernières années. » « Ce serait vraiment triste si nous devions cesser cette production ».
